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Archives. ISSN 2428-6052.

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nuit, 59

mise en ligne : vendredi 28 août 2015

Nuit de panne de courant, rues noires, appareils éteints, repos des machines, un silence en plus, et le corps aux aguets, à cause des meubles noirs dans la nuit de l’appartement, à cause des échos des solitudes qui arrivent par la fenêtre et par à-coup, et puis plus rien pendant de longues minutes noires, à cause de l’exceptionnel qui brise ce qui coulait de jour en jour ; être sur ses gardes : que pourrait-il se passer ? Quoi, après la fin de la lumière ? Quoi de plus terrible — forcément plus terrible — après ? Un tremblement de terre ? Un accident nucléaire ? La disparition de la Lune ? La fin de la rotation terrestre ? Sa mort ou la sienne ? La mort de tout ? Ou la fin de la coupure et le retour à la normale ?

Toutes les images disparaîtront. [1]

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Mots-clés

nuit   Annie Ernaux   ville  

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