Archives. ISSN 2428-6052.
C’est la petite phrase, la petite phrase qui revient, qui revient juste avant le sommeil, la petite phrase qui a touché, qui a marqué, qui a blessé, et ça vif sur le coup et que nous pensions aussitôt oubliée, mais la nuit elle revient remuer dans la plaie, la petite phrase, elle interdit le repos, la petite phrase juste, trop juste, qui ne peut pas être contredite, plus maintenant, c’est la pire nous ne pouvons pas la retirer de la plaie, elle y a sa place et il nous faut payer pour la bêtise qui nous l’a amenée, qui lui a ouvert la voie, la bêtise uniquement nôtre, qui nous a fait nous taire sur le moment, il nous faut alors payer pour ça, pleurer et espérer que le sommeil vienne enfin mais ça ne suffit jamais, contre la force de certaines petites phrases, les pleurs, jamais, les petits phrases comme ça, avec leurs niveaux de lectures nombreux qui ne se dévoilent qu’à mesure que la nuit avance, que la plaie suppure, augmentant notre douleur, notre veille forcée, la force de ces petites phrases, et puis le sommeil vient sans que nous le sentions, restent les petites phrases, et leur horreur informulable, encore présente au réveil.
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