Archives. ISSN 2428-6052.
La nuit tombe, à tel point de l’espace-temps, pour un observateur seul, c’est à dire que le soir arrive pour chacun à un moment différent, parce que chacun est en un lieu différent, à une altitude différente, personne n’est à l’intérieur de personne et ne vit en même temps que tout le monde cet instant du soir, la nuit, chacun est seul avec ça et les autres ne voient rien ; et à ce moment, pour l’observateur considéré, la nuit tombe et le recouvre lui seul et tout tombe avec : espoirs, projets, joies du jour : tout est recouvert de l’évidence nocturne et fantasque, qui transforme le jour rigoureux en incertitude fantaisiste, ce qui paraissait possible, comme paraît possible le fait que le soleil se lèvera le lendemain matin, devient extravagant, tout est dangereux, tout se trouble comme l’eau par l’encre noire d’une pieuvre maléfique qui vous attire à elle, de ses ventouses ne vous lâche plus, vous prend dans l’obscurité de son poison ; on se réveillera peut-être au bord de l’étouffement, en priant pour que l’ampoule du plafonnier devienne soleil.
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