Archives. ISSN 2428-6052.
février ? 2015
nuit
Lire la nuit, seule la page est éclairée, ce qui lui confère la grâce de l’issue que nous cherchons sans se le dire, c’est là qu’il nous faut aller, dans la page, non pas dans le jour qui va inévitablement, et banal, venir au bout, ni dans le sommeil qui emprunte trop à la mort, c’est là parce que tout est là, dans cette poignée de signes qui disent le monde, l’ensemble des molécules et des émotions de l’Univers et leurs interactions, et le disent mieux dans la nuit quand ils tremblent sous l’effet conjugué de la lumière faible et du regard fatigué, ils disent et savent lire que nous ne sommes plus nous-même, le corps disparaît pour ne se concentrer que dans la page qui flotte dans l’obscurité, à peine les mains restent-elles tourner les pages mais c’est comme si elles appartenaient au livre, au texte, c’est commencé déjà, nous sommes une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint parce que la réalité est dévorée par la fiction, nous y entrons ou elle en sort mais la fiction prend la place des choses fixes du monde, nous y compris, les événements importants, tellement humains et sociaux du jour s’éteignent et tout le monde intérieur que nous avons repoussé de toutes nos forces jusqu’à la tombée de la nuit, tout cela revient et prend la place qui lui est due, et il ne nous reste plus qu’à nous accrocher à l’insomnie, pour comprendre ce qu’il est vraiment, et c’est à ce moment qu’à peine notre bougie éteinte…
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