Archives. ISSN 2428-6052.
février 2014
nuit
Rien ne vient, quand rien ne vient, la nuit bloqué dans sa chambre close, volets fermés, lumières éteintes, au fond du lit, torpide, et rien ne vient, aucune étoile, aucune aurore boréale, rien que le noir, le noir voulu et le noir haï, la respiration lente et les tempes qui battent et rien ne vient, ces nuits, ces nuits-là, à pas dormir. L’idée fixe qui touche l’épaule à heures régulières. Qui pince la joue d’abord, et le nez ensuite. Sans lâcher, à étouffer. Nous pouvons nous débattre, rien à faire. Ces moments sont pour la nuit. Et nous sentons, sous le lit, la froideur de la tombe. Alors nous nous levons, posons un pied nu sur la terre humide et fraîche. Et puis un autre. Les étoiles au-dessus seules avec nous. Et marchons sur ce qui bouge en nous, au risque de tomber, sans prendre la peine de regarder ce qui a causé la chute. Nous nous relevons les genoux sales mais heureux, tandis qu’au loin, nous cherchant en vain, courent les taureaux et poussent les arbres écorchés, souvenirs d’anciens rêves qui sont portés par une neige venue de Saturne.
Un volet claque.
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