Archives. ISSN 2428-6052.
février 2015
nuit
Quand les yeux se ferment sur un trop dit, épuisé d’avoir trop dit, comme si le trop dit débordait, jusque sur le possible encore à dire, comme si ça l’éteignait avant qu’il ne soit prononcé et pire que ça, comme si ça recouvrait aussi le déjà-dit, comme si les paroles de trop venaient gâcher à rebours ce qui a déjà été dit, et puis aussi la honte de ça, de trop dire, et le dire encore, cette honte, par-dessus son objet, tout ça déteint sur ce qu’on a pas encore dit et le rend impossible à dire, tout ce qui vient d’être dit est aussi impossible, ne peut plus être dit, ni entendu, effacé dans la mémoire, rumeur qui reste seule, à prouver, et le trop dit continue d’enfler et de gâcher les belles paroles dont on se souvenait, dites ailleurs, on entend plus rien du passé, c’est pas l’oubli c’est pire : ça remplace, c’est écrasant dans tous les sens cette vie de paroles à pas écouter.
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