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Archives. ISSN 2428-6052.

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nuit, 14

mise en ligne : vendredi 6 mars 2015

février 2015
nuit

Rencontrer ici un regard baissé que plus rien ne semble pouvoir relever, il faudrait se baisser plus bas et pas seulement s’accroupir à hauteur mais devenir quelque dimension minimale, sortir soi de sa vie et devenir ce regard baissé, comme un exorcisme à l’envers échanger sa vie avec qui l’on rencontre, pourquoi tend-il la main si ce n’est pour nous montrer sa vie, toute sa vie là dans sa main c’est son histoire, il nous la présente, déposer une pièce ne suffira jamais, il faudrait déposer l’oreille, écouter ce qui se murmure là sur sa peau fripée et noire de la poussière du métro des tunnels de l’absence de regard et d’écoute qui efface petit à petit, il sera effacé tout couleur tunnel un jour dans la poussière qui ne tombe jamais, et avant cela dans cette paume il faudrait poser la nôtre, notre paume où nous aurions d’abord déposé notre vie à nous, mais notre témoignage dans notre paume est impossible parce que notre vie à nous elle dégouline, elle ne tient pas dans notre paume, elle est trop pleine de vies, de présences, d’objets, de dépenses, de hontes que l’on garde pour mieux vivre, ça s’appelle le confort, c’est là, ça nous a pris en entier et ça ne tient pas dans une paume, déjà pas dans la nôtre, et pas non plus dans une paume tendue si on faisait ça le risque serait que ça éclabousserait tout et nous engloutirait tous les deux, et même si c’était de la vraie générosité de bonté pure, et parce que l’eau de l’amour on ne peut pas l’arrêter, alors ça serait pareil on étoufferait tous là dans le tunnel au milieu des passants qui nous enjamberaient, dégoûtés ; alors on détourne le regard, c’est pour ça, c’est pour pas tuer des gens tous les jours comme ça.

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Mots-clés

nuit   corps   ville  

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