Archives. ISSN 2428-6052.
? février 2015
nuit
Ce sont les phrases qui viennent quand il ne faut pas, quand il est impossible de les noter, de les mémoriser, impossible de les dire même, les prononcer à voix basse n’est pas permis non plus, le lieu n’est pas celui qu’il faudrait et qui est autour empêche, il faudrait attendre avant de dire, ou avoir dit plus tôt, le silence seul reste, cette solitude exagérée où rien ne permet de dire, le geste d’écrire est interdit, les phrases terminent renvoyées d’où elles viennent c’est à dire au rien, à la fluctuation endormie, à la tête lourde, au silence bourdonnant et sifflant d’une chambre éteinte, fond sonore toujours présent, résidu du tapage de la ville, dernières traces du jour, des décisions prises, du chemin emprunté et de tous ceux abandonnés, rémanence du soleil, des vagues gravitationnelles, perception du nuage de Oort qui nous isole, nous maintient, brouillard de la pensée et ces mots qui ne le franchissent pas, parce que le moment n’était pas celui-là, le lieu pas exactement celui qu’il fallait, et les mots s’ils avaient été dits, auraient pu parcourir les années lumières jusqu’au nuage gelé d’où viennent les comètes.
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