Archives. ISSN 2428-6052.
Il m’arrive de me croire trop fatigué pour écrire. Il est tard, tombe de sommeil, le livre que je lisais où sont les mots, n’en sais rien, alors prendre un clavier. Livre ou écran, écran que je lisais, où sont les mots, derrière le vibrant de l’écran, mes yeux scintillant sous la nuit. Il m’arrive de croire ça et aussi j’écris de sommeil. Pourquoi pas. Écrire tout de même. Mais parfois pas. #regret dirait-on ailleurs. Un regret universel, comme partagé, compris. Alors qu’il est solitude. Au cœur de la #nuit. Impression d’écrire comme après boire, la tête, son mouvement de retard sur la pensée du mouvement ; de là un mot tapé au clavier (pas papier car trop lourd, stylo – tombe), aussi, lui, décalé (déplacé plutôt). Pas à sa place ce mot là s’impose et de sommeil moi, j’accepte moi je poursuis mon chemin d’hébétude, comme si sur des rails que mon poids et mon mouvement déforment en virages imprévus – métal mou comme le sommeil éveillé, pas de ballast, et traverses mobiles pour aider de rêve qui change à chaque direction. Comme écrire lors d’un rêve, un rêve d’écriture. Papier, encre, et signes illisibles mais lus, poids de la main, poids sans fin qui s’enfonce où ? Ratures partout lisibles, feuilles froissées, lecture relecture de peut-être un mot ou deux, oubliés au réveil (le déchiffrage seul souvenu) et – fin.
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